Des sensations à partager avec les autres…

Hervé Richoz, rédacteur «Clin dʹœil»

Le 21 juin dernier, premier jour d’été caniculaire, Mario Golfetto, nouveau président de la section vaudoise, a invité Clin d’œil à rejoindre ses membres sur les hauteurs de Worb en Emmental. Reportage d’une excursion dans un site qui a ravivé les sens des 36 participants.

Créé en 1986, le Sensorium vise à éveiller la perception consciente de nos sens par le jeu et l’expérience dans 70 stations surprenantes et amusantes. Accroché à la colline, le site Ruttihubelbad abrite également tout un complexe socio-éducatif et un foyer pour personnes âgées, ainsi qu’un parc naturel et des parcours de promenade. «Aller par tous les sens à sa propre rencontre pour explorer les lois de la nature», tel était l’œuvre du philosophe et pédagogue Hugo Kukelhaus, dont la Fondation a repris les travaux scientifiques pour la création du Sensorium.

Il n’y a pas beaucoup de monde ce matin de milieu de semaine. A la recherche du groupe, je déambule dans les étages parmi les stations inoccupées quand des éclats tonitruants de voix et d’émotions m’indiquent que nos amis vaudois sortent du parcours dans l’obscurité. Je retrouve un premier animateur avec ses participants quelque peu désorientés: «Alors combien d’animaux avez-vous comptés» ou «quelles odeurs avez-vous senties»? Il faut du temps pour partager ses ressentis et Mario d’ajouter: «Je crois que ça impressionne beaucoup nos accompagnants.»

L’expérience a été forte et je m’éclipse à la recherche du deuxième groupe. Eddy et son accompagnant quittent justement la salle des gongs pour se diriger vers l’arbre aux senteurs en confessant: «Ça vibrait fort là-dedans.» La deuxième animatrice reprend: «Nous connaissons sept sortes différentes de molécules odoriférantes, dont la combinaison détermine toutes les odeurs», puis intervient après que chacun se soit penché vers les diffuseurs: «Alors quel souvenirs remontent à la surface?» Dans un sourire lumineux, Michel dit: «Ça me rappelle le Cénovis!», alors que François tenant un autre diffuseur s’interroge: «L’eucalyptus certainement.»

La joyeuse cohorte est invitée à passer à la station des vasques d’eau à résonance que nous décrit Marianne, aveugle: «Tu dois t’asseoir et, les mains mouillées, caresser les poignées. Moi je sens la vibration et pas encore le son. Il paraît que l’eau ondule en surface.» L’heure avance, je cours voir où en est le premier groupe qui expérimente le parcours pieds nus. Les onomatopées fusent: «ouille», «wouah», «trop bien», «bon j’arrête là». Toutes enthousiastes, Lucie, Féty, Corinne s’expriment: «Du sable…, c’est les vacances», «Les bouchons je n’ai pas trop aimé» ou «Je suis sur un nuage quand je marche dans la laine.» Visiblement le partage est de la partie.

Quant au président, il est heureux d’avoir fait découvrir ce lieu: «J’y suis déjà venu. Une visite guidée, c’est toujours trop court mais ça permet de se faire une idée.» Quant à moi Je suis attendu à Neuchâtel et prend congé du groupe.