Bâtiments classés: un écueil pour les handicapés

Source de l’article:20 Minutes.ch

par David Ramseyer – L’Exécutif a dévoilé un plan de mesures pour l’accessibilité des handicapés, notamment à ses locaux. La protection du patrimoine pose problème.


Tao Pham, Jean-Luc Widler et Djamel Bourbala attendent beaucoup des mesures annoncées par la Ville de Genève en faveur des personnes handicapées. (Photo: dra)

 

C’est une «mission fondamentale» que s’est donnée la Ville de Genève: améliorer l’accueil des handicapés, à tous points de vue. L’Exécutif a présenté mardi un plan de mesures, élaboré en collaboration avec les milieux associatifs (cf. encadré). Parmi elles, l’accessibilité aux bâtiments municipaux. Si un gros travail a déjà été accompli, notamment dans les musées, construire une rampe d’accès, un ascenseur ou élargir une entrée pour les personnes en fauteuil roulant n’est cependant pas évident.

De nombreux bâtiments anciens, propriétés de la Ville, «ne sont guère adaptés», remarque Marjorie de Chastonay, présidente de la Fédération genevoise des associations de personnes handicapées et de leurs proches (FéGAPH). Problème: ils sont souvent classés, donc difficiles à transformer. «La protection du patrimoine joue parfois contre nous», déplorent en choeur Tao et Jean-Luc.

Agir au cas par cas

Des remarques que le président de Patrimoine Suisse Genève, Robert Cramer, dit comprendre, mais pour lesquelles il ne peut apporter qu’une «réponse frustrante: en réalité, il n’y a pas de règle générale en la matière». L’ancien conseiller d’Etat regrette ne pas pouvoir disposer d’architectes spécialisés dans les interventions sur les biens patrimoniaux, comme en France. «Ils donnent de la cohérence aux transformations de bâtiments classés».

Cela dit, si on cherche, généralement on trouve comment faire, assure Robert Cramer. «Au lieu de toucher à un escalier de grande valeur pour construire un ascenseur, par exemple, il est possible de créer une installation en extérieur. Dans tous les cas, il n’y a jamais de solutions dictées par avance. Il faut traiter au cas par cas.»


Un plan d’action général

Parce que les handicapés n’ont pas à être discriminés, l’effort doit porter sur de nombreux aspects pour améliorer leur situation d’ici 2025, a clamé la Ville. Elle va entre autres former ses collaborateurs à l’accueil de cette population. « Je suis autiste, j’ai des difficultés de communication dont un employé au guichet, par exemple, ne se rend pas forcément compte, illustre Olivier. Il est donc important de sensibiliser le personnel. » Autre mesure évoquée: le site internet de la municipalité sera modifié, avec des caractères plus gros ou des couleurs adaptées aux malvoyants. Idem pour les courriers officiels. « Cela profitera aussi aux personnes âgées, a relevé la maire Sandrine Salerno. Notre politique bénéficiera à tout le monde. » Sur ce même site, l’accessibilité des bâtiments sera aussi précisées. Malvoyant, Jan-Luc plaide pour davantage d’informations sonores dans les administrations. La Ville a indiqué que les futurs édifices municipaux devront tenir compte des besoins spécifiques des quelques 30’000 personnes âgées de plus de 15 ans et en situation de handicap que compte la commune.


Des efforts aussi à Lausanne

En cette journée internationale des personnes handicapées, la capitale vaudoise a elle aussi dévoilé plusieurs mesures en faveur de cette population. Le personnel des bibliothèques a été sensibilisé au public malvoyant, tandis qu’à Chaudron un télé-agrandisseur permet de grossir les caractères et de modifier les contrastes. Par ailleurs, les responsables de politiques publiques disposent d’un guide qui comprend notamment un recueil des bonnes pratiques et une liste de contacts d’organisations susceptibles de soutenir les projets municipaux. Enfin, une formation spécifique est prévue à terme pour tous les collaborateurs de la Ville de Lausanne.

Un parcours du combattant

Portrait » Laura Bertschinger, 21 ans, a commencé à étudier le latin à l’Université de Zurich il y a à peine trois mois. Comme chaque étudiant en philologie latine, elle doit répondre à l’éternelle question: «Pourquoi étudies-tu ça?» Comme chaque étudiant en philologie latine, oui, à une différence près: Laura est aveugle.

Sur le campus, Laura a des assistants qui l’aident dans ses déplacements. «M’orienter à l’extérieur est mon problème principal», commente Laura. Pour le trajet en train de Hinwil, là où elle habite, à la gare de Stadelhofen à Zurich, Laura est accompagnée par des connaissances: «Un membre de ma famille ou un ami m’accompagne dans le train. Au collège, je prenais le bus; je suis encore trop stressée pour prendre seule le train.»


Pour ses déplacements, Laura (à dr.) peut compter sur l’aide de son assistante Livia (à g.).Lise Schaller

 

Laura, en plus d’étudier, doit ainsi apprendre à dompter son nouvel environnement. L’assurance-invalidité (AI), qui supporte une grande partie des coûts liés à son handicap, souhaiterait qu’elle devienne indépendante le plus vite possible. Ce n’est pas de tout repos pour la jeune étudiante: «Certains ne se rendent pas compte de l’énergie qu’il faut durant le semestre pour étudier et, en même temps, apprendre à se déplacer dans une nouvelle ville. Ce n’est pas parce qu’un aveugle y parvient que c’est le cas de tous», déplore-t-elle.

Obtenir les documents

Olivier Maridor travaille pour le secrétariat général de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA). La fédération s’occupe, entre autres, de défendre les intérêts des personnes aveugles et malvoyantes: «Nous élaborons par exemple des documents qui donnent des directives dans l’agencement des transports publics, le milieu culturel ou encore sportif», résume-t-il.

Les difficultés ne sont cependant pas toutes liées à l’orientation dans l’espace: «L’accès aux documents sous forme électronique peut être, lui aussi, coûteux, et prendre du temps. Les études se transforment parfois en un vrai parcours du combattant.» L’accès à des documents numériques lisibles est également un challenge pour Laura. En effet, les professionnels externes à l’université chargés d’adapter les documents dans un format lisible par des personnes aveugles ne sont pas toujours qualifiés pour les spécificités de la branche: «N’ayant jamais étudié la philologie classique, mes aides ne transcrivent pas toujours correctement les documents car ils ne les comprennent pas», explique Laura. «Dans mes études, les tâches nous sont parfois attribuées au dernier moment. Je n’ai donc pas toujours les documents à temps.»

Egalité théorique

Quant à la législation qui devrait garantir aux personnes handicapées des prestations accessibles, elle ne prend pas tout en compte. Olivier Maridor s’appuie sur la loi fédérale sur l’égalité pour les personnes handicapées (LHand) entrée en vigueur en 2004: «Il existe des directives claires quant à l’accessibilité aux bâtiments. Les universités sont concernées», explique-t-il. De plus, un accès efficace à toute la documentation électronique demande, selon lui, un travail de sensibilisation et de coordination important auprès des personnes responsables dans les universités.

La Suisse a encore du chemin à faire: «D’après l’ONU, la Suisse doit améliorer la situation des personnes aveugles et malvoyantes dans le domaine de la formation. Comme certaines choses se décident uniquement au niveau cantonal, il est cependant très difficile de coordonner les efforts», explique-t-il.

Ouverture d’esprit

Laura souligne à quel point il est important pour elle d’être bien intégrée dans la société. «Ma mère m’a toujours emmenée partout avec elle, même au cinéma», sourit-elle. «Vivre entourée de personnes voyantes est plus intéressant pour moi. Etre aveugle n’est pas un critère en commun suffisant pour créer une amitié.» Concernant ses études, elle sait qu’elle doit faire preuve de patience: «Je ne peux pas tout avoir tout de suite. Chaque semaine, mon quotidien à l’université s’améliore.» Et d’ajouter avec humour: «Tant que j’ai accès à tous les documents avant les examens!»

Laura attend l’intersemestre pour régler certains problèmes, comme la lecture de caractères spécifiques. Elle affirme cependant ne pas regretter une seconde le choix de sa branche d’étude. Ses efforts pourraient, à l’avenir, servir de modèle à d’autres étudiants.


Des assistants parmi les étudiants

Noëmi Vollenweider, 21 ans, est l’une des trois étudiants rémunérés pour assister Laura à l’université. Ils complètent l’aide externe à l’université dont profite Laura. En plus de l’accompagner dans ses déplacements, ils transcrivent nombre de documents illisibles pour une personne aveugle tels que des scans de livres, des tableaux, images ou cartes. Tous trois sont, comme Laura, des étudiants en latin. «Nous aidons Laura à surmonter le quotidien des études. Au départ, savoir que j’étais responsable de quelqu’un m’inquiétait», indique Noëmi. En effet, aucun d’entre eux n’a reçu de formation d’accompagnant. Malgré ça, Noëmi est persuardée du bien-fondé de la démarche.

Elle souhaiterait que son activité d’assistante soit plus répandue: «Si chacun vivait cet échange, la situation des personnes aveugles dans la société s’améliorerait certainement. Ce que j’apprends est très précieux pour moi», affirme-t-elle. Selon elle, il est indispensable que Laura soit aidée par des latinistes: «Nous l’aidons aussi dans la recherche d’informations», explique Noëmi. Elle insiste aussi sur l’aspect humain de son travail: «Nous nous sommes habituées l’une à l’autre. Maintenant, je me sens personnellement impliquée.» LS

Source de l’article: La Liberté.ch

«Ces élèves malvoyants ont une volonté de fer»


Si on veut rêver d’une société inclusive, il faut commencer par l’école, soutient Laurence Zanelli.Justine Fleury

 

Laurence Zanelli défend l’école inclusive et veille dans son travail à ce que celle-ci se passe au mieux pour les élèves handicapés de la vue.

Une centaine d’aveugles ou malvoyants de Suisse romande sont intégrés dans des classes ordinaires et suivis par le service itinérant du Centre pédagogique pour élèves handicapés de la vue (CPHV). Laurence Zanelli travaille pour le CPHV depuis quatre ans et s’occupe actuellement de quatre élèves malvoyants en primaire et au cycle d’orientation.

En quoi consiste votre métier?

Laurence Zanelli: Mon rôle est de m’assurer que l’élève comprenne ce qui se passe en classe. Je relis, explique différemment et apporte du matériel adapté, tel qu’une caméra qui permet d’agrandir le tableau noir. Ils sont souvent équipés d’un ordinateur par l’AI et reçoivent les documents en version numérique. Je les aide à gérer ce matériel, ainsi que les nombreuses fiches de cours distribuées en format A3. Dans un deuxième temps, je fixe avec le professeur des objectifs ajustés à l’élève. Les enseignants sont souvent inquiets, alors qu’un centre se charge d’adapter les manuels de cours et les évaluations. Le corps enseignant est généralement très coopératif.

Il arrive que cela ne soit pas le cas?

Malheureusement oui. Il n’est pas toujours facile de comprendre ce handicap. En fin de journée, les malvoyants n’arrivent parfois plus à lire la même taille de police que le matin. Leur effort est comparable à celui qu’on devrait fournir en travaillant continuellement sur des notices de médicaments. Il y eut un cas où les professeurs pensaient que l’élève était paresseux. On lui ordonna de «faire un effort». Jamais on ne demanderait cela à une personne en chaise roulante.

Malgré l’adaptation qui doit être faite autant par l’élève que par le professeur, l’école inclusive est-elle bénéfique?

Il est vrai que pédagogiquement, tout est plus compliqué qu’en institut. Les avantages sont cependant énormes pour l’enfant, qui peut vivre proche de sa famille, ainsi que pour le professeur, qui va repenser sa manière de travailler. Plus tard, l’entrée sur le marché du travail s’en retrouve facilitée pour ces élèves. L’un d’eux est même apprenti boucher. Les employeurs qui franchissent le pas engagent des personnes qui se sont battues toute leur vie. Leur volonté est de fer.Justine Fleury

Source de l’article: La Liberté.ch

Journée internationale de la canne blanche: interview d’Anne Perrier

La journée internationale de la canne blanche permet aux personnes souffrant d’un handicap visuel d’entrer en contact avec les passants. Interview d’Anne Perrier, vice-présidente de la section vaudoise de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA).

Pour écouter l’interview d’Anne Perrier cliquer sur l’image

Source de l’article RTS la 1ère 12h30

Le parcours du combattant des malvoyants en ville

par Pauline Rumpf – Pour la journée internationale de la canne blanche mardi, la Fédération des aveugles et malvoyants proposait aux passants de tester le déplacement citadin sans la vue.

Best of en vidéo.

Comment trouver son chemin en ville quand on y voit mal ou pas du tout? C’est l’expérience qui a été proposée aux passants de plusieurs villes, hier, pour la Journée internationale de la canne blanche. L’action a notamment sensibilisé le public au fait de dégager les lignes en relief qui servent de guide aux abords des gares et grands axes.

«Quand les gens sont dessus, ils se poussent, sauf s’ils ont le nez dans leur smartphone, explique Pierre Calore, président de la section vaudoise de la Fédération des aveugles et malvoyants. C’est plus grave quand c’est des sacs, des bagages ou des vélos… ou une trottinette électrique qu’on ne détecte pas par l’ouïe.» Un constat d’insécurité partagé par les testeurs.

Source de l’article 20min.ch

La Fête des Vignerons vue par des aveugles

A l’occasion de la représentation du jour, nous avons suivi un groupe de spectateurs « handicapés de la vue » qui ont mis tous leurs sens en éveil pour jouir eux-aussi pleinement de l’historique spectacle.

«Je suis contente d’avoir pu voir ça avant de perdre complètement la vue! Si je n’étais pas venue, j’ai la sensation qu’il me serait manqué quelque chose du patrimoine suisse!»

Il y a vingt ans, Marie Lorwich, 52 ans, pensait pourtant que la Fête des Vignerons était un truc de vieux. La rétinite pigmentaire, redoutable maladie génétique dégénérative et irréversible, ne s’était pas encore déployée en elle avec son cortège de souffrance mais aussi d’éclairantes prises de conscience… Ce mardi à Vevey, ils étaient une trentaine de membres de la section vaudoise de la Fédération suisse des aveugles (FSA), comme elle, à être venus assister à la représentation diurne du spectacle.

La Suisse plutôt en avance

Leur arrivée au pied de l’entrée F de l’arène de 20 000 places n’est pas passée inaperçue. Fendant la foule, coiffés de casquettes bleues portant le sigle de leur association, armés de leur canne blanche et escortés d’un accompagnateur voyant chacun, ces spectateurs pas tout à fait comme les autres se réjouissaient d’assister au spectacle à leur façon.

A savoir un peu avec la vue pour ceux qui en avaient encore, et aussi beaucoup avec les oreilles et leurs autres sens. «C’est clair qu’on ne va pas tout voir mais nos accompagnants vont nous décrire ce qui nous échappe et nous allons capter l’ambiance», expliquait Pierre Calore avant le début du spectacle.

L’Aiglon de 52 ans préside la section vaudoise de la FSA et se bat pour que la culture reste accessible à ceux qu’ils appellent «les handicapés de la vue». En Suisse, la chose est en assez bonne voie. Certains musées ou même certains cinémas jouent par exemple le jeu de l’audioguide, mais il y a encore du travail.

Le metteur en scène conquis

Apparemment, le Tessinois Daniele Finzi Pasca, metteur en scène du spectacle le sait. Le Tessinois a en effet intégré des handicapés parmi les 5 500 acteurs-figurants officiant dans sa création. Abordé avec culot en plein préparatifs d’avant spectacle par Marie Lorwich, le quinquagénaire lui prend les mains chaleureusement et échange avec plaisir avec elle, là où on s’attendait au mieux à une sorte d’agacement contenu vu les circonstances.

«Ça ne me surprend pas de voir des malvoyants ici. La perception des choses va bien au-delà de la vue. Certains chamans, capables de ressentir des choses se passant à des kilomètres d’eux, le montrent», lâche ensuite mystérieusement l’artiste avant de replonger dans ses préparatifs.

La vue baisse mais la lucidité augmente…

Ici, les handicapés de la vue sont bichonnés. Ils sont assis à quelques mètres de la scène. L’air déplacé par les comédiens leur rafraîchit le visage en ce jour de canicule. Le bruit de leurs pas se prolonge en vibrations jusqu’à eux. Leurs parfums viennent éveiller leurs narines. «Et puis il y a leur joie communicative, qui même dans la pénombre ou le noir total, se ressent», confie Sabrina Faretra, qui ne voit plus que des ombres mais qui reste lumineuse malgré ou même grâce à cela.

La mère de famille de 43 ans a fini par accepter son handicap et comme beaucoup d’autres ayant parcouru avant elle ce douloureux chemin, elle y a gagné en sérénité, et paradoxalement, en lucidité. La Vaudoise se voit comme une battante. Aucun déplacement ne lui fait plus peur. Les bains de la Gruyère ou encore l’ONU à Genève ont déjà eu droit à ses visites.

Tout commence et finit autour d’un verre

«Aujourd’hui, je suis comblée. Je partage beaucoup avec d’autres personnes handicapées de la vue. Nos visions se complètent ou se recoupent. Il y a beaucoup de partage. Tous nos autres sens sont en éveil, ce qui nous permet de jouir nous aussi de cette fête des vignerons.»

Celui du goût sera mis à contribution lors du banquet d’après spectacle. La joie ambiante est amplifiée dans les décis de bon blanc et les partages qui en découlent. Pierre Calore jubile: «Sur un événement comme celui-là, on est happé par nos ressentis. Moi par exemple, le «Ranz des vaches» m’a donné des frissons. Alors on ne voit pas tout c’est bien clair, mais quel grand bol d’émotions!»

Source de l’article (le matin.ch)


Diaporama

Le numéro de l’hôpital pour aveugles a été usurpé

Un ou des individus usurpent depuis jeudi le numéro de téléphone principal de l’hôpital ophtalmique à Lausanne. L’établissement met en garde la population et a déposé plainte.


L’hôpital précise que le numéro principal pour atteindre la réception ou les urgences, soit le 021/626 81 11, reste actif. (Photo: DR/ophtalmique.ch)

 

Pour des raisons encore inconnues, un individu utilise ce numéro lors de ses appels sortants, indique vendredi l’hôpital dans un communiqué. Cette pratique, qui consiste à faire apparaître sur l’écran du destinataire un autre numéro que celui de l’appelant, porte le terme de «spoofing».

Depuis jeudi après-midi, une centaine d’appels de ce type ont été référencés par le central de l’hôpital, précise à Keystone-ATS le service de communication. Les destinataires se trouvent pour la plupart dans les cantons de Vaud, Fribourg, Berne et Valais.

Les téléphones ne visent pas les patients. «Les personnes reçoivent un appel qui est immédiatement interrompu et rappellent ensuite notre hôpital. Ou elles ont un contact très bref avec une personne», précise le service de communication.

La Direction de la Fondation Asile des aveugles a déposé plainte. L’hôpital précise que le numéro principal pour atteindre la réception ou les urgences, soit le 021/626 81 11, reste actif.

Source: (nxp/ats)

Des ateliers pour les aveugles et malvoyants à La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel

La section neuchâteloise de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants invite les personnes souffrant d’un handicap de la vue à des portes ouvertes à Neuchâtel et à La Chaux-de-Fonds pendant tout le mois de juin.


Aveugles et malvoyants sont souvent isolés et peinent à sortir de chez eux.David Marchon

 

Pour mieux se faire connaître, la section neuchâteloise de la Fédération suisse des aveugles et des malvoyants ouvre ses portes au public une fois par semaine durant tout le mois de juin, à Neuchâtel et à La Chaux-de-Fonds. Objectif de cette action: offrir des cours et des ateliers créatifs de bricolage aux personnes souffrant d’un handicap de la vue, dans des endroits conviviaux et avec un esprit de partage.

«Les aveugles et malvoyants sont des gens qui n’ont pratiquement pas de visites, qui sont isolés. Ils auront ainsi l’occasion de partager leur vécu», explique Clémentine Tschappat, formatrice au sein de la Fédération, en précisant qu’elle a également envie de les «faire sortir» et de partager ses connaissances avec eux.

Ces activités créatives sont encadrées par des responsables qualifiés et adaptées aux besoins des personnes aveugles ou malvoyantes, ainsi qu’aux diverses classes d’âge. «De nombreux participants se sont déjà découvert des talents insoupçonnés dans diverses techniques artisanales, textiles ou figuratives, toutes adaptées aux handicaps visuels», assure Clémentine Tschappat.

INFOS PRATIQUES

Neuchâtel: les mercredis 5, 19 et 26 juin de 14h30 à 17h, paroisse Saint-Norbert, rue de la Dîme 81. Renseignements au 079 156 51 62.
La Chaux-de-Fonds: chaque jeudi de juin de 14h à 16h30, rue du Doubs 107. Renseignements au 079 156 53 11.

Source: Arcinfo.ch

Sursauter à l’arrêt de bus pour le bien des aveugles

par Lucie Fehlbaum – Les bornes d’info des transports publics ont désormais une voix. Les aveugles disposent d’une télécommande pour la déclencher.


 

La foule est compacte à l’arrêt TPG. Il est 17h30, les travailleurs rentrent chez eux, les élèves d’un collège tout proche traînent encore un peu. Sortie de nulle part, une voix robotique s’élève: «ligne 43, en direction de Loëx-Hôpital, prochain départ dans 2 minutes». Sursaut général. Qui a parlé?

La scène se reproduit régulièrement depuis deux mois et les Genevois feraient mieux de s’y habituer. Cette soudaine effusion vocale des bornes d’informations TPG est indispensable aux personnes aveugles et très malvoyantes. Elles disposent d’une télécommande qui enclenche la fonction. Plus de doute possible sur la ligne et la destination, ni sur le temps d’attente. «Nous avons testé ce dispositif dès novembre avec l’Association pour le Bien des aveugles (ABA), indique François Mutter, porte-parole des TPG. Le test a été concluant et nous avons fini d’équiper nos 180 bornes au début du printemps.»

«Nous souhaitions du son depuis longtemps, se réjouit Bernard Jost, chargé de projet à l’ABA. Cela existe à Berne sous la forme d’un bouton posé sur la borne. A Genève, les autorités sont parties du principe que les gens appuieraient dessus en boucle pour casser les pieds de tout le monde. Nous avons trouvé le compromis de la télécommande.» Pas plus grande qu’une pièce de 5 francs, elle sera utile à 200 utilisateurs. Pour l’heure, l’ABA en a distribué à 50 de ses membres. «Les TPG nous ont offert les 100 premières, que nous distribuons petit à petit. Nous achèterons les 100 suivantes grâce à nos soutiens.» Seul regret de Bernard Jost, l’objet est destiné aux seuls autochtones. «Avec une application, les touristes très malvoyants ou aveugles pourraient géolocaliser les bornes et enclencher la fonction vocale par Bluetooth,» imagine-t-il.

Source: 20min.ch

Il empiète sur les lignes de guidages dévolues aux malvoyants, mais on ne lui en veut pas…

Six mois après son marquage, le guidage pour aveugles est contrarié par une installation artistique, sur la place de la Gare de Bienne. La faute à l’artiste Thomas Hirschhorn? «Pas du tout! Sa sculpture a été planifiée lorsque le guidage n’existait pas», rectifie Esther Garo, la malvoyante qui a conduit le projet de lignes blanches.


La sculpture de l’artiste se construit sur les lignes blanches dévolues aux malvoyants. L’artiste est pourtant dédouané.


En sortant de la gare, le lignage tactilo-visuel haut de 3 millimètres à l’usage des malvoyants est temporairement interrompu. Pour accéder aux bus et aux trolleys, il convient de contourner l’amas de palettes. Image: DR

 

En sortant de la gare, le lignage tactilo-visuel haut de 3 millimètres mène aux bus et aux trolleys, à condition désormais de contourner l’amas de palettes qui sert d’infrastructure à la Robert Walser-Sculpture imaginée par Thomas Hirschhorn, invité par l’association Expositions suisses de sculpture.

Quelqu’un d’attentif

La signalétique en relief posée à la va-vite sur la place de Gare satisfait Esther Garo: «Nous avons trouvé en Thomas Hirschhorn quelqu’un de très attentif aux préoccupations des handicapés», indique-t-elle. La preuve: des rampes accessibles en chaises roulantes apparaissent dans la structure en construction, l’ouverture de l’exposition étant fixée au 15 juin.

L’interruption du lignage tactile est désormais signalée sur le sol et ceux qui tiennent une canne blanche n’ont qu’à suivre les palissades pour retrouver leur chemin. Sur le grillage, les voyants sont sensibilisés à la déficience visuelle: «Les règles: Garder les chemins dégagés. Ne mettez rien contre le mur. Prêter assistance», indiquent les affiches jaunes.

source:(lematin.ch)